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Sécheresse 2025 : les communes reconnues en catastrophe naturelle

Cinq arrêtés publiés entre mars et septembre 2026 reconnaissent la sécheresse de 2025 dans 386 communes. Les dates limites de déclaration, et ce qui reste possible pour les autres.

Sol argileux craquelé par la sécheresse

Les premières communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle pour la sécheresse de 2025 au printemps 2026, et la liste s'allonge à chaque nouvel arrêté. Au 1er octobre 2026, cinq arrêtés publiés au Journal officiel entre le 17 mars et le 21 septembre en avaient reconnu 386, réparties dans 38 départements. Pour un propriétaire dont la maison s'est fissurée pendant l'année, chaque publication ouvre un délai de trente jours qu'il vaut mieux ne pas laisser passer.

Cinq arrêtés publiés entre mars et septembre 2026

Tous ces arrêtés visent la même période, du 31 décembre 2024 au 30 décembre 2025, donc l'année 2025 entière. La sécheresse des sols argileux s'apprécie sur une année entière, à partir de l'humidité des sols mesurée saison après saison, si bien que ses arrêtés couvrent de longues périodes, là où ceux d'une crue tiennent souvent en quelques jours.

Publication au Journal officielCommunes reconnues pour 2025Déclaration à l'assureur avant le
17 mars 20263816 avril 2026
13 avril 202613113 mai 2026
12 juin 202611412 juillet 2026
16 juillet 20262815 août 2026
21 septembre 20267521 octobre 2026

Le dernier délai, celui de l'arrêté du 21 septembre, court donc jusqu'au 21 octobre 2026. La liste complète des communes, arrêté par arrêté, figure sur notre page des derniers arrêtés publiés, mise à jour chaque mois, et la fiche de chaque commune reconnue affiche sa propre date limite.

Le Nord et le Cher en tête

Le Nord compte 53 communes reconnues, devant le Cher (51), le Pas-de-Calais (47) et la Gironde (44). Viennent ensuite les Deux-Sèvres (26), l'Indre-et-Loire (23) et l'Indre (19). Deux départements du nord de la France aux premières places rappellent que le retrait-gonflement des argiles concerne tout le territoire dont le sous-sol en contient.

Parmi les villes les plus peuplées figurent Bordeaux, qui en est à sa vingt-troisième reconnaissance pour sécheresse, Niort, Brive-la-Gaillarde, Villenave-d'Ornon, Wattrelos et Joué-lès-Tours. À l'inverse, 36 communes reconnues pour 2025 ne l'avaient jamais été pour une sécheresse auparavant, si bien que leurs habitants découvrent une procédure que d'autres connaissent depuis les années 1990.

Pourquoi la liste n'est pas close

Seul le maire peut demander la reconnaissance, et la loi du 28 décembre 2021 lui laisse vingt-quatre mois à compter du début de l'événement pour déposer sa demande en préfecture. Pour un épisode qui commence le 31 décembre 2024, des demandes peuvent donc encore arriver jusqu'à la fin de 2026, puis être examinées par la commission interministérielle et donner lieu à de nouveaux arrêtés en 2027.

Les critères ont aussi changé en faveur des communes. Pour être reconnue, une commune doit réunir un critère géotechnique, la présence de sols argileux sensibles selon les cartes du BRGM, et un critère météorologique fondé sur l'indice d'humidité des sols calculé par Météo-France. Jusqu'en 2024, cet indice devait correspondre à une sécheresse qui ne revient en moyenne qu'une fois tous les vingt-cinq ans. Une circulaire du ministère de l'Intérieur du 29 avril 2024 a ramené ce seuil à dix ans, ce qui ouvre la reconnaissance à des épisodes moins exceptionnels.

Si votre commune ne figure pas dans la liste alors que votre maison s'est fissurée en 2025, le premier réflexe est donc de demander en mairie si une demande a été déposée. Nous détaillons cette démarche dans le guide consacré à la demande de reconnaissance par la mairie, et les options qui restent quand la commune est écartée dans celui sur les communes non reconnues.

Ce que la reconnaissance change pour un propriétaire

L'arrêté active la garantie catastrophe naturelle de votre contrat multirisque habitation pour les dommages apparus ou aggravés pendant la période reconnue. Vous devez déclarer le sinistre à votre assureur au plus tard trente jours après la publication de l'arrêté au Journal officiel, par écrit et de préférence par lettre recommandée. Joignez des photos datées des fissures et, si vous les avez, des photos plus anciennes qui montrent l'état antérieur des murs.

L'assureur a ensuite un mois pour vous indiquer les modalités de la garantie et, le plus souvent, mandater un expert. Il doit vous faire une proposition d'indemnisation dans le mois qui suit la réception de l'état estimatif des dommages ou du rapport d'expertise, puis verser l'indemnité dans les vingt et un jours suivant votre accord. Une provision doit par ailleurs vous être versée dans les deux mois qui suivent la remise de l'état estimatif ou la publication de l'arrêté, si celle-ci est postérieure. Une franchise légale reste à votre charge, dont le montant est détaillé dans notre guide sur la franchise catastrophe naturelle.

La reconnaissance ne garantit pas l'indemnisation de chaque maison. L'expert vérifie que la sécheresse est bien la cause déterminante des désordres, et des fissures anciennes, un défaut de construction ou des fondations trop superficielles peuvent conduire à un refus. Notre guide sur l'indemnisation des fissures décrit l'expertise pas à pas, et celui consacré au refus d'indemnisation les recours possibles.

Si les trente jours sont passés

Une déclaration tardive n'est pas perdue d'avance. D'après l'article L113-2 du Code des assurances, l'assureur ne peut refuser sa garantie pour déclaration tardive que s'il prouve que le retard lui a causé un préjudice, et jamais lorsque ce retard tient à un cas fortuit ou à une force majeure. Déclarer quand même, sans attendre davantage et en expliquant le retard, reste donc préférable à l'abandon, même si la discussion avec l'assureur sera plus difficile.

Le plus sûr reste de surveiller les publications. La fiche de chaque commune sur Risque Habitat indique le dernier arrêté publié et sa date limite, et la recherche par adresse donne l'exposition de votre terrain aux argiles, pour savoir si la question se pose vraiment chez vous.

Chiffres relevés le 1er octobre 2026 dans la base GASPAR des arrêtés de catastrophe naturelle, interrogée par l'API Géorisques, pour les arrêtés visant la période du 31 décembre 2024 au 30 décembre 2025.

Sources

  • Arrêtés de catastrophe naturelle publiés, communes et dates : georisques.gouv.fr/api/v1/gaspar/catnat
  • Délai de déclaration de trente jours, délais de l'assureur et provision : legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044607736
  • Délai de vingt-quatre mois pour la demande communale et procédure iCatNat : ccr.fr/zoom-sur-la-procedure-de-reconnaissance-de-letat-de-catastrophe-naturelle/
  • Critères géotechnique et météorologique, circulaire du 29 avril 2024 ramenant la période de retour à dix ans : senat.fr/rap/l23-613/l23-613_mono.html
  • Déchéance pour déclaration tardive subordonnée à un préjudice de l'assureur : legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000035731302

Information générale, ne remplace pas l'avis d'un professionnel (diagnostiqueur, bureau d'étude géotechnique, assureur). Sources officielles : Géorisques, service-public.fr.